Trois mois. Ca paraît ridiculement court. Mais ça a déjà radicalement changé ma vie de tous les jours. Pourtant, je n'ai qu'un jour non travaillé de plus par semaine. Voici donc un petit retour d'expérience de ce qui s'est passé jusqu'à maintenant.

Euphorie

Le début de ce temps partiel était vraiment euphorique. J'avais enfin du temps pour faire toutes les choses dont j'avais envie. J'allais pouvoir me remettre à la sculpture, finir mes projets persos, ouvrir un blog, et toutes les millards de chose que j'avais en tête !

J'ai donc commencé par ouvrir mon blog et publier mon premier article. Et tant que j'y étais, je me suis dit que j'allais écrire un article par semaine, publié tous les vendredis ! Et parce que sinon, ç'aurait été trop facile, je me suis dit que les ressources que je produirais permettraient à mes lecteurs (et moi même) de vraiment approfondir les sujets dont je parlerais.

D'ailleurs la stack technique du blog a déjà eu le temps d'être refaite entièrement en passant de Phenomic à un générateur de site statique perso.

J'étais tellement dans l'extase que j'avais même le temps d'avancer mes projets persos les soirs et week-ends. En plus ça tombait bien, ma vie perso était assez calme à côté.

Fatigue

Du coup, au bout d'un mois à ce rythme, forcément, ça devient compliqué. Plutôt que de travailler 5 jours sur 7, c'était du 7 jours sur 7, payé 4.

En effet, pour écrire un article, je mets en moyenne 6h, sans compter la recherche en amont pour savoir de quoi je vais parler. Quand c'est un sujet que je maîtrise (ex : React Router v4), ça peut être moins. Mais quand mon but est d'approfondir mes connaissances et fournir des ressources françaises de qualité (ex : ma série sur les animations performantes), ce temps explose.

Résultat, le temps gagné grâce au temps partiel est exclusivement dédié à mon blog. Quand je ne rédige pas un article, je fais du code pour valider les thèses que je défends dans mes articles ou pour chercher de nouveaux sujets. Je suis tellement dedans, que je ne pense même pas à faire autre chose que du code.

Par ailleurs, je ne veux pas gérer d'hébergement et je n'utilise aucun service en ligne dont le but est de tracker les utilisateurs. Ca veut dire que je n'ai pas d'analytics, ni de système de commentaire à la Discuss. Je n'ai que twitter pour discuter. N'ayant de ce fait que très très peu de retours, je rédige un peu à l'aveugle en me reposant juste sur ce que j'aimerais lire. Ce n'est donc pas toujours évident de garder la motivation.

Equilibrage

En sentant que je ne pouvais pas durer sur ce rythme, j'ai légèrement adapté ma manière de fonctionner.

La première résolution était que, pour préparer mes articles complexes, je n'hésiterai pas à prendre plus de temps en ne publiant pas la semaine d'avant. Ainsi, je ne passe du temps sur mon blog que les vendredis.

La seconde résolution a été d'alterner les semaines de code et les semaines d'autres chose. Au bout de deux mois et demi, j'ai donc allumé pour la première fois mon Windows pour faire de la sculpture et jouer à des jeux vidéos. Ca me permet de respirer et, souvent, ça me débloque des idées pour la suite des trucs tech.

La troisème résolution a été de trouver d'autres vecteurs que le blog pour partager des trucs techniques, le but étant d'avoir plus d'intéractions. Pour l'instant, ça se concrétise en essayant de participer à des projets open source (ex : nodebook, react-perimeter) ou en proposant des conférences aux meetups locaux.

Cela m'a permis de ralentir sans le regretter.

On continue ?

Oui ! Je ne fais pas marche arrière, ça, c'est sûr.

J'ai l'impression de enfin donner en retour et de ne plus être en sens unique dans mon rapport avec la communauté. Je suis plus efficace dans mon travail de tous les jours. Je peux passer plus de temps avec ma famille et mes amis. Je gagne en confiance, en expertise et en découvertes.

Mais surtout, je gère mon temps plutôt que d'être géré par celui-ci. Si jamais un jour je décide que les articles, ce n'est plus la meilleure façon de partager mon temps et mes connaissances, j'aurai le droit. Je peux aussi décider de continuer sur ma lancée et à nouveau écrire 10 articles dans les trois prochains mois. Ca ne dépend que de moi.

Bref. Même si ce n'est pas facile tous les jours, c'est cool !