J'avais initialement publié ce commentaire sur le Github de Julia. Cependant, pour que ce soit plus facile à partager, le voici hébergé sur mon blog.

Pour mieux comprendre de quoi il en retourne, je vous invite vivement à lire l'article de Julia.


Salut 👋

J'avais commencé par écrire un article de blog pour rebondir sur ton article, mais finalement, je me rends compte que le format ne me convient pas. Je me sens plus à l'aise sur quelque chose de moins structuré.

Tout d'abord, pour le contexte, je ne suis arrivé que dans les 5 dernières minutes de l'atelier et ait assisté à la rétro extérieur qui s'en est suivi. Je n'ai donc pas vraiment pu assister au fond de la discussion, ni assister aux témoignages/retours d'expérience. J'en suis super triste parce que j'aurais trouvé ça très intéressant.

Intéressant parce que d'une part, c'étaient des témoignages directs à portée de main. Je m'intéresse pas mal au sujet dans mon coin, j'ai lu des témoignages sur Internet, etc. Mais tout ça est assez vague, loin. J'ai l'impression que le fait d'échanger directement avec une personne physique rend l'échange beaucoup plus fort. En tant qu'oppresseur, je me sens tout de suite beaucoup plus responsable. J'ai envie de soutenir, d'aider... de faire quelque chose pour améliorer la situation. C'est une piqure de rappel pas très agréable parce qu'elle ravive l'idée que je pourrais faire mieux. Que je dois faire mieux. Mais je suis tellement reconnaissant de cette piqure... c'est trop facile de se voiler la face sur le sujet.

D'autre part, j'aimais beaucoup le format. Quand on m'a dit que je n'avais pas le droit de parler, j'ai trouvé ça top. J'étais très étonné de voir que d'autres participants avaient été frustrés par ça. Quoi de plus normal ? Il y a un cadre de confiance qui avait été instauré. En débarquant au milieu je risquais de le briser. Il valait mieux que je me taise. (Et vu ma timidité j'imagine que ça m'arrangeait bien aussi.)

Sur le format, comme à d'autres, ça m'a fait penser au réunions non mixtes. Cela dit, ça doit certainement demander beaucoup plus d'efforts et d'énergie aux oppressées. Malgré les contraintes posées sur les paroles de oppresseurs, ça me paraît impossible de se sentir d'un coup libéré. Je me demande tout de même si cet atelier est un peu moins énergivore qu'un atelier du même style avec les contraintes en moins. En tout cas, en tant qu'oppresseur, c'est un format qui me plait bien. J'ai l'impression que ça peut me donner des billes pour faire mieux.

Une autre question que je me pose, c'est l'influence du contexte. On était à SudWeb et beaucoup d'entre nous avions d'une part déjà effleuré le sujet et d'autre part incorporé la notion de bienveillance. Ca doit être plus difficile dans d'autres contextes, malgré les contraintes imposées. C'est d'ailleurs le même genre de questions que je me posais à l'atelier que tu as animé, Julia, sur la collaboration safe. Il est vite arrivé qu'un dominant remette en question les hypothèses/contraintes de base. Et dès qu'une remarque dans ce sens est faite, cela doit mettre à mal tout le reste de la séance, quelque soit l'action prise en conséquence. Ca doit être très difficile à animer, mais les ateliers sont tellement intéressants à observer... D'ailleurs, l'atelier sur la collaboration safe, j'aimerais aussi y assister encore une bonne dizaine de fois.

En tout cas, de tout ça, je repars avec de nouvelles notions sur lesquelles je n'avais pas de mot jusqu'à présent (intersectionnalité, communication non violente, charge/travail émotionnel, ...). Plein de trucs à apprendre en perspective ! J'ai hâte :)